Yémen
Entre avril et juillet dernier, Emmanuel Berbain travaillait comme médecin à Khamer, dans une région relativement épargnée par les combats.
Résultat, elle accueille de nombreux déplacés, parfois rassemblés dans des camps.
Plusieurs fois, sur un des camps de déplacés qui se trouve un peu à l’extérieur de la ville, en discutant avec les déplacés, on avait ces petits enfants qui arrivaient vers toi et qui simplement te demandaient des céréales, de la nourriture. J’ai déjà travaillé plusieurs fois dans des camps de réfugiés, dans ce genre de situation où la population se concentre, mais j’ai trouvé que c’était vraiment particulier sur la plan de l’accès à l’alimentation, parce qu’une des choses vraiment choquantes, et là je pèse bien mes mots, dans la situation des déplacés au Yémen, c’est que l’aide internationale, de la communauté inernationale, les agences onusiennes, est sur le terrain et en pratique réellement absente ou quasi inexistante. La plupart des segments d’aide qui doivent être fournis, que ce soit par rapport aux maladies chroniques, que ce soit par rapport à l’eau, à la sanitation, à l’accès à l’alimentation, à la coordination de l’aide, tout ces axes là sont absents alors que c’est une aide qui est financée, qui est présente. Et on arrive à des situations où les familles entières ne vivent uniquement de la charité et de la solidarité des populations d’accueil. Et on arrive à ce petit gosse qui devait avoir quatre ans et qui ne savait dire autre chose que de demander de l’alimentation, juste des céréales, très simple, aux expatriés qui venaient pour fournir des soins médicaux. C’est réellement quelque chose, bien sûr, d’assez émouvant, et on a juste envie de crier un coup de gueule et de dire à l’aide international, venez et faites le taf, parce que ces populations ont réellement besoin de soutien, et la situation pourrait encore se déteriorer.