Fêlures du silence, une écriture du cœur
Structuré de manière classique, Fêlures du silence, de Hassain Daouadji Dalila, édité à Dar El Gharb, part d’une fresque historique pour construire un récit à souffle métaphysique. Riche en repères mystiques et en allégories puisés dans le grand registre de notre culture, le roman de 195 pages est une invite à remonter le temps, celui de la pendule et des généalogies imbriquées.
Un retour dans le temps qui entrelace récits intimes et histoire pour tenter d’approcher la marche du temps. Elle y est dans le compte rendu précis pour certains faits authentiquement vérifiés mais aussi dans l’acte subjectif de dire ses penchants et ses désirs. L’œuvre est tour à tour témoignage sur l’histoire ancienne, tranche d’histoire sur la condition humaine et petites histoires de grandes familles ayant marqué de leurs empreintes leur passage sur terre, la terre : Algérie. C’est à un dialogue intime avec ses héros qu’elle nous convie, ceux qu’elle met en avant pour bâtir sa trame fictionnelle et ceux mis en arrière-plan pour donner de la profondeur, de l’authenticité et de l’intériorité à sa fable, à ses amours. Les personnages du livre sont des héros à dimension d’homme, ni anges ni démons, mais peut être les deux en même temps, comme toutes les créatures humaines façonnées à l’aune de l’épreuve de la vie, de ses accélérations et de ses dérives. Impliquée totalement dans son récit, Dalila opte sans hésitation, et cela dès les premières pages, pour une écriture alignée, préméditée au sens où on l’entend aujourd’hui, une écriture qui choisit son camp sans rougir, une écriture du cœur avant la raison, une écriture qui assume, qui s’assume. Le monde, que l’auteur de l’Emir, au-delà du temps construit, ne lui est pas étranger, il est dans ses fibres avant d’être au bout de sa plume.