"La guerre comme telle n'est pas la seule solution, il va falloir une solution diplomatique", déclare mercredi 19 mars sur franceinfo Joshua Zarka, ambassadeur d’Israël en France, alors que l'armée israélienne annonce mercredi lancer des opérations terrestres à Gaza.
"La méthode militaire a mené à la fin des capacités militaires" du Hamas "comme elles étaient auparavant", avance-t-il, arguant que "le Hamas avait des milliers et des milliers de missiles et des milliers et des milliers de combattants" et qu'"il n'a plus les mêmes capacités qu'il y a un an et demi."
Joshua Zarka rappelle néanmoins que le Premier ministre israélien "a envoyé des délégations à Doha et à différents endroits du Moyen-Orient pour négocier avec le Hamas. La diplomatie doit être utilisée, mais elle n'est pas suffisante pour forcer le Hamas à accepter l'idée de vivre en paix avec nous."
La trêve "n'est pas balayée", avance-t-il. "Le but de cet accord était de libérer nos otages. L'accord définissait d'une façon très claire combien d'otages devaient être libérés, à quel moment. Le Hamas a décidé à un certain moment de ne plus libérer d'otages. Donc, après une longue attente et après avoir plusieurs fois dit que nous allions être obligés d'utiliser la force pour faire pression et peut-être les libérer, nous nous sommes trouvés obligés de le faire".
Joshua Zarka avance qu'"il y a toujours un continuum entre la diplomatie, l'utilisation de la force et ensuite la diplomatie et c'est notre but. On était en guerre, il y a eu un effort diplomatique qui a mené à la trêve, à un cessez-le-feu. Une fois que le Hamas a cessé de libérer nos otages, ce qui était le but de cette trêve de notre côté, nous nous sommes trouvés obligés de faire pression et d'utiliser la force, pour que le Hamas comprenne que nous sommes extrêmement sérieux pour mener à la libération de tous nos otages, les vivants et les morts".
"Le but des opérations ciblées" annoncées ce mercredi "est de faire en sorte que le Hamas ne puisse pas faire passer des armes du sud vers le nord de la bande de Gaza, là où vivent des civils relativement en paix", détaille l'ambassadeur de France en Israël. "Le Hamas faisait des plans pour essayer de faire des actes de terrorisme contre Israël. On a vu trois terroristes essayer de planter des bombes à côté de la frontière, près de l'armée israélienne. On savait qu'ils essayaient de continuer de s'organiser afin de pouvoir passer à l'attaque", explique-t-il.
"N'oublions pas que les otages, en grande partie, étaient entre les mains de civils", déclare Joshua Zarka, pour qui il est "très difficile de faire la différence entre les civils vraiment innocents et les civils qui collaborent avec le Hamas. Notre but est de combattre le Hamas, mais le fait est que le Hamas se protège avec la population palestinienne."
"Nous sommes en guerre. C'est une guerre terrible pour les deux côtés", commente le diplomate qui ajoute que "le but est de mettre fin à cette guerre."