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Homme de Fond

2026-02-28 2 Dailymotion

~ HOMME DE FOND ~

J'entends encore mon grand-père
allant au charbon
avant la lumière du jour
dès quatorze ans jusqu'à minuit.
creusant sous ses pas, dans le noir
le charbon d'un salaire sans économie.

Je ne suis pas un artiste, je prie
pour faire mémoire, j’écris.
En ces temps fataliste
où les hommes sont sans merci,
se sentent tristes, si de tout ils ne rient
d’un humour sinistre

Un salaire sans économie
afin d'éclairer le soir
sa maison à la lumière d'une bougie,
et d'un peu de mie
pour sa femme et ses enfants,
tout en veillant à la fois
à ce que plus ronflant que lui,
du foyer le feu,
ne s’éteigne durant la nuit

Je revois encore mon grand-père
entre deux toux,
de sa voix rauque
aux poumons carbonisés
reprenant son pouls,
appuyé de ses deux mains
sur le coin de la table
de la salle à manger.

Je ne suis pas un artiste, je prie
Pour faire mémoire, j’écris.
En ces temps de black liste
où les hommes sont sans merci,
se sentent tristes, si de tout ils ne rient,
croyant tout savoir.


Les paroles qu'à sa manière il me disait,
de sa voix de crachat noir,
ne m'étaient que mystères ; lettres mortes
comparées aux boules de gomme
aux caramels mous
aux bonbons de toutes sortes
qu'à chacune de mes visites
ses yeux doux de gentillesse
me promettaient,
jusqu'à ce qu'ils se ferment
sous les cyprès.

Je ne suis pas un artiste, je prie
pour faire mémoire, j’écris.
En ces temps nombrilistes
où les hommes sont sans merci,
se sentent tristes, si de tout ils ne rient,
évitant leur miroir.

Aux questions clés
que posent les portes closes
des plus vertes années,
des horizons grisés.
se glisse à leurs lisières ;
un courrier :
les paroles ouvertes
de mon grand-père,
qui en moi se sont révélées
aussi précieuses, aussi belles,
que ces lettres que secrètent
d'épaisses enveloppes
d'un sceau de cire ; cachetées
et que l'on reçoit aujourd'hui
tout droit du cœur qui porte
à travers les années,
seul l’amour faisant autorité.

Pour seule date imprimée
faisant foi ; un baiser
des lèvres mêmes de mon grand-père,
avec lesquelles il me souriait
embrassant le front
de l'enfant que j'étais.

Je ne suis pas un artiste, je prie,
pour faire mémoire, j’écris.
En ces temps nihilistes
où je suis un homme qui dit merci,
se voulant humaniste,
du sourire du Christ :

brisant tout les "istes"
dont les mots sont finis.

Paroles de Christophe-PLOUVIN [Alias Madinx]
Mises en valeur (en musique & chanson)
en qualité d’Auteur~Poète~Parolier à « IMAGINAL »

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