Le temps d’une soirée, l’OM va oublier tous ses tracas, ou presque. Toutes les composantes du club, qui se réunissent au fort Ganteaume, à Marseille, pour le traditionnel gala de son programme Treizième Homme, vont mettre un mouchoir sur cette horrible dynamique sportive symbolisée par cette chute du podium, au terme du revers à Monaco, dimanche ; elles vont tenter d’oublier, surtout, les conséquences terribles d’une éventuelle absence de qualification en Ligue des champions, pourtant vitale pour une institution qui mène grand train sur le plan salarial, sans en avoir vraiment les moyens.
Prenez l’effectif pro, par exemple : sa masse salariale a atteint un niveau jamais vu dans l’histoire du club, C1 oblige, mais ce pari tenté par le duo Longoria-Benatia doit désormais être validé par une nouvelle qualification pour la piste aux étoiles continentales, au soir du 16 mai prochain. Sinon, le château de cartes menace de s’écrouler avec un exode massif à prévoir et, sur les hauteurs de La Commanderie, beaucoup redoutent la suite, avec des comptes dans le rouge vif.
Même la vente d’un Mason Greenwood, sans doute le transfert le plus élevé de l’Olympique (*), ne suffirait pas à combler les pertes annoncées et le prochain passage devant la DNCG donne déjà des sueurs froides. Frank McCourt le sait : ce n’est pas un hasard s’il scrute avec autant d’attention la moindre dépense et guette avec fébrilité un sursaut sportif, qu’espère également Alban Juster, le président intérimaire qui s’est épanché dans les entrailles du stade Louis-II.
Cet ancien contrôleur de gestion n’a pas besoin de sortir sa calculette : si la 3e place ne satisferait pas les supporters, qui rêvent de conquêtes et de gloire retrouvées, elle permettrait de conserver les revenus inhérents à la Ligue des champions, ses 18,6 M€ de prime de participation, ses 700 000 € par point glané, ses droits TV appréciables, ses recettes billetterie bienvenues… Soit, à la louche, une bonne cinquantaine de millions empochés. Impossible de cracher dessus par les temps qui courent, surtout dans le contexte de diminution drastique des droits TV domestiques (17 M€).
La 4e place se révélerait des plus piégeuses et contraindrait la future direction, tout juste nommée, à un exercice d’équilibriste extrêmement périlleux. Car l’OM devrait passer par deux tours préliminaires avant d’espérer voir la phase de ligue et la grande majorité des équipes françaises a pris la mauvaise habitude de tomber de ce fil très ténu. Difficile, dans un tel contexte, d’échafauder un budget très précis et d’être très attractif, tandis que le passé récent incite à la plus grande prudence. Personne n’a oublié la violente sortie de route contre le Panathinaïkos, à l’été 2023, annonciatrice d’un exercice chaotique.