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L'histoire secrète des accords d'Evian (Guerre d'Algérie)

2026-06-12 15 Dailymotion

L’histoire secrète des accords d’Évian, signés le 18 mars 1962, réside dans les dix-huit mois de négociations officieuses et clandestines qui ont précédé la signature officielle. Derrière le protocole public entre le ministre français Louis Joxe et le représentant du GPRA Krim Belkacem, la diplomatie parallèle a joué un rôle déterminant pour contourner la méfiance, les menaces de coup d'État militaire et les attentats.
Le rôle crucial de la Suisse et de la diplomatie parallèle
La Suisse comme facilitateur clandestin : Face à l’impossibilité de négocier publiquement, la diplomatie suisse a mis à disposition ses infrastructures et assuré la sécurité des émissaires dans le plus grand secret.
Les rencontres de Lucerne et des Rousses : Bien avant Évian, des émissaires secrets français (comme Claude Chayet ou Bruno de Leusse) et algériens (tels que Ahmed Boumendjel ou Saad Dahlab) se sont réunis secrètement dans des chalets et des hôtels suisses pour jeter les bases de l’accord.
Le cryptage des communications : Pour éviter les écoutes des services secrets et les sabotages de l’OAS (Organisation armée secrète), les diplomates utilisaient des canaux ultra-sécurisés et des intermédiaires neutres.
Les deux grands points d'achoppement secrets
Les négociations ont failli rompre à plusieurs reprises sur deux dossiers majeurs que la France tentait de préserver :
Le statut du Sahara : La France voulait dissocier le Sahara du reste de l'Algérie pour garder le contrôle des gisements de pétrole découverts à Hassi Messaoud et maintenir ses sites d’essais nucléaires à Reggane. Le FLN a catégoriquement refusé, exigeant l’intégrité territoriale absolue, ce que Charles de Gaulle a fini par céder.
La base militaire de Mers el-Kébir : Les négociateurs français ont négocié d’arrache-pied le maintien secret de droits d'utilisation pour la base navale stratégique de Mers el-Kébir et d’autres installations militaires pour une durée de 15 ans.
Les tensions internes étouffées
La fronde de l'armée française : À Paris, de Gaulle devait négocier en secret pour éviter d'embraser une armée française au bord de la sédition, marquée par le putsch des généraux en avril 1961.
Les fractures du côté algérien : Au sein même de la direction algérienne, des tensions majeures existaient entre le GPRA (l'aile politique qui négociait à Évian) et l'État-major général dirigé par Houari Boumédiène (l'aile militaire), qui considérait certaines concessions faites à la France comme des compromissions.