Chaque année, l’alcool est associé à des milliers de décès. Les stéroïdes anabolisants, eux, ne figurent pas dans les statistiques de mortalité de la même manière. Alors une conclusion spectaculaire circule sur les réseaux sociaux : « L’alcool tue, les stéroïdes ne tuent personne. Donc les stéroïdes sont moins dangereux. » Sur le papier, l’argument paraît imparable. En réalité, il repose sur une comparaison qui mélange des choux et des carottes… et qui peut devenir extrêmement trompeuse lorsqu’on parle de santé. Car l’absence d’un chiffre ne signifie pas l’absence d’un risque : encore faut-il savoir combien de personnes sont exposées, pendant combien de temps, comment les décès sont comptabilisés et surtout quelles maladies peuvent être provoquées ou aggravées indirectement par une substance.
Dans cette vidéo, je décortique cette comparaison en tant que médecin et je vous explique pourquoi « combien de morts ? » est probablement l’une des pires façons de comparer deux produits. Nous parlerons des infarctus, de l’hypertension, des troubles du rythme, de l'athérosclérose, des accidents vasculaires cérébraux, des atteintes hépatiques et des modifications profondes du profil lipidique associées à l’usage de stéroïdes anabolisants, mais aussi des mécanismes par lesquels l’alcool peut tuer. L’objectif n’est pas de transformer l’alcool en « produit sûr » ni de prétendre que chaque utilisateur de stéroïdes va mourir prématurément : c’est de comprendre une réalité beaucoup plus dérangeante. En médecine, ce n’est pas parce qu’une statistique ne compte pas les morts que la biologie, elle, ne compte pas les dégâts.
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Musique utilisée pour le générique :
Keziah Kyser ft. Prince of Falls – Don’t Know How It’s Like